Perspectives de la direction pour 2020

Martin Thompson, président-directeur général, RSA du Canada

La souscription disciplinée est le point d’ancrage dont l’industrie des biens et accidents a besoin à l’heure actuelle.

L’industrie de l’assurance éprouve actuellement des difficultés. Le rendement des investissements a suivi une tendance générale à la baisse au cours des vingt dernières années, passant d’un point à 10,4 % en 1997 à 7,3 % en 1999 et à un piètre 2 % en 2018.

En tant que partie prenante et investisseur majeur dans l’économie nationale, le rendement du capital investi est étroitement lié aux rendements des obligations du gouvernement du Canada, qui ont chuté au cours des vingt dernières années. Près de 69 % des actifs investis dans l’industrie des biens et accidents sont placés dans des obligations. La volatilité de l’économie mondiale, y compris l’incertitude politique et les différends commerciaux, a également eu des répercussions à long terme sur l’économie canadienne.

Notre industrie au Canada connaît une croissance lente. À cela s’ajoutent les faibles taux d’intérêt, cycle prolongé de marché mou, l’inflation croissante des réclamations et les tendances négatives sur les sinistres importants, d’autant plus que nous faisons face à un nombre sans précédent d’obstacles. Cette situation s’est aggravée depuis 2016 en raison des pertes importantes dues à l’évolution des conditions météorologiques.

Ces facteurs exercent des pressions sur les rendements et, en fin de compte, poussent les assureurs à se concentrer sur le profit plutôt que sur la croissance. La priorité a été mise en grande partie sur le rapport coût-efficacité. Notre secteur n’a toutefois pas fait preuve d’une grande capacité d’action sur les performances de souscription pour endiguer la tendance à la baisse des rendements des investissements. Dans les conditions actuelles, que nous devons considérer comme la « nouvelle normalité », il est essentiel de mettre clairement l’accent sur les principes fondamentaux de l’assurance pour obtenir des rendements. Les bénéfices de souscription devront devenir plus forts pour compenser la baisse continue des investissements.

Étant donné les pressions que nous subissons dans de nombreux domaines des biens et accidents, le besoin d’une stratégie de souscription claire et la discipline nécessaire pour gérer les politiques et les produits qui ne sont pas rentables sont des exigences minimales. Nous sommes aidés par les progrès en matière de données et d’analyse, mais le défi consiste à les intégrer au processus décisionnel.

Les grands ajustements que nous constatons sur le marché rendent la vie plus difficile à nos courtiers partenaires qui ont la dure tâche d’expliquer cela à leur clientèle. Le rôle d’un courtier est désormais plus important que jamais. Les courtiers qui travaillent en étroite collaboration avec leurs marchés pour comprendre la performance des portefeuilles seront bien informés de ce qui les attend. Comprendre le rendement et la qualité des risques maintenant peut leur permettre de travailler avec les clients pour comprendre comment ils peuvent gérer efficacement leur programme d’assurance et de gestion des risques.

Le fait d’avoir « des taux plus bas, plus longtemps » est un défi pour toutes les parties prenantes du marché de l’assurance; une plus grande priorité accordée à la souscription sera un facteur déterminant clé pour réussir à s’y retrouver.

 

Martin Thompson, président-directeur général, RSA du Canada

Cet article a été initialement publié dans le magazine Canadian Underwriter.