L’incidence des catastrophes mondiales en 2017

Water flooding over barricade

Dom Lopes, V.-P.A., Assurances des entreprises – Biens et ingénierie, examine les répercussions de catastrophes météorologiques sur le secteur des assurances et partage ses perspectives

La réalité des changements climatiques

L’année 2017 a été une année dévastatrice partout dans le monde, avec des catastrophes naturelles touchant des millions de personnes. Les changements dans les régimes climatiques globaux et l’influence humaine sur le climat sont incontestables.Bien que des événements météorologiques uniques se soient produits par le passé, tels que des chutes de neige à Los Angeles et des tempêtes majeures en Europe, les événements inhabituels surviennent régulièrement de nos jours. Tel qu’énoncé par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, plus nous perturbons le climat, plus les répercussions seront énormes, graves et profondes.2

Ces répercussions comprennent les conséquences physiques sur notre planète, dont les conditions météorologiques extrêmes, les inondations et les feux de forêt. Elles comprennent aussi les changements à la biodiversité, la fonte du pergélisol et les perturbations à long terme, comme la hausse des températures. Selon le rapport sur les risques globaux 2018 du Forum économique mondial, les phénomènes météorologiques extrêmes et les catastrophes naturelles présentent les risques les plus élevés en matière de probabilité et de répercussions.Outre les répercussions physiques sur la planète, les changements climatiques ont aussi un effet envahissant sur les industries comme le tourisme, l’agriculture et les services financiers.

L’équipe spéciale intersectorielle sur le changement climatique a été créée en 2017 pour fournir des recommandations et un cadre d’évaluation du risque financier pour ces secteurs, y compris les risques physiques, les risques de transition associés à la transition vers un monde dont l’empreinte carbone est réduite ainsi que les occasions qui se trouvent dans l’atténuation et l’adaptation à des scénarios d’un monde nouveau.4

Dom Lopes, V.-P.A., Assurances des entreprises – Biens et ingénierie à la RSA du Canada, a récemment fait une présentation au 2018 ORIMS March Professional Development Seminar sur les divers risques associés aux changements climatiques, et les conséquences potentielles sur le secteur des assurances.
 

Incidence sur le secteur des assurances

Puisque les prix nationaux sont influencés par les coûts de réassurance, les répercussions sur le secteur des assurances se sont avérées importantes dans l’ensemble, selon Dom. Les pertes économiques subies en raison de catastrophes météorologiques sont toujours deux à trois fois plus élevées que les sinistres assurés dans les pays développés. Puisque nous vivons dans un environnement de plus en plus global et interconnecté, nous ne subissons pas que les répercussions des catastrophes au sein de notre propre pays. Ce qui se passe au Mexique ou à Puerto Rico a aussi une incidence sur le Canada, lorsque vient le temps de souscrire une réassurance.
 

Sinistres assurés considérables dans le monde au cours des 30 dernières années

On estime que les catastrophes naturelles mondiales ont coûté plus de 130 milliards de dollars américains en sinistres assurés pour le secteur privé et les programmes subventionnés par le gouvernement en 2017. Il s’agit d’une augmentation de 129 % par rapport à 2016, dont les coûts se sont élevés à 56 milliards de dollars américains, et considérablement plus que la moyenne des années 2006 à 2016, soit 51 milliards de dollars américains. En fait, seulement deux autres événements au cours des 30 dernières années ont entraîné des coûts plus élevés que ceux de 2017 : l’ouragan Katrina en 2005 et le tremblement de terre au Japon en 2011.5
 

Qu’est-ce qui distingue l’année 2017 des autres années?

Après une première moitié d’année relativement facile, les choses ont mal tourné dans la deuxième moitié de 2017. On estime que les sinistres assurés de l’année dernière ont coûté plus de 130 milliards de dollars américains, principalement en raison des sinistres subis aux troisième et quatrième trimestres, causés par des ouragans, des phénomènes météorologiques et des feux de forêt.6

Selon Dom, il n’est pas inhabituel que les États-Unis aient subi l’incidence la plus importante l’an dernier, puisque les événements catastrophiques se produisent souvent chez nos voisins du sud, que ce soit des ouragans, des inondations ou des feux de forêt. L’ouragan Harvey, l’ouragan Irma et l’ouragan Maria ont entraîné le plus de conséquences importantes sur le secteur et ce n’est que la deuxième fois en une seule saison que deux ouragans de catégorie cinq ont touché le sol.7 Les phénomènes météorologiques ont coûté 23 milliards de dollars américains en sinistres assurés en 2017, dont 90 % sont survenus aux États-Unis. Encore aux États-Unis, on estime qu’en 2017, les feux de forêt en Californie ont coûté 10 milliards de dollars américains en sinistres, avec un taux de pénétration de près de 100 % de risques élevés et de risques de réassurance pour les catastrophes.8

La plupart des gens ne réalisent pas que le secteur du tourisme est le plus touché par ces événements catastrophiques, plus particulièrement aux États-Unis. La destruction causée par l’ouragan Irma le long de la côte de la Floride a perturbé considérablement les secteurs de tourisme florissants de la région. Puisque de nombreuses destinations touchées par les phénomènes météorologiques extrêmes comptent sur le tourisme comme source de revenus, et que la reconstruction des infrastructures endommagées ou détruites est difficile et prend beaucoup de temps, c’est ce secteur qui en souffre le plus.
 

Augmentation des autres sources de capital

Avec la hausse des événements météorologiques catastrophiques dans le monde entier et leur incidence sur le secteur, la tolérance au risque diminue. Selon Dom, l’augmentation d’autres sources de capital, plus particulièrement sous forme d’obligations catastrophe, d’investisseurs qui s’intéressent au secteur des assurances comme étant une source d’occasions et une façon de diversifier leurs placements pour minimiser leur exposition au risque en est la preuve.

Les autres sources de capital jouent maintenant un rôle important dans la rétrocession globale et la réassurance de biens en cas de catastrophe aux États-Unis. Elles ont considérablement surpassé le capital traditionnel au cours des dernières années, passant de 10 milliards de dollars américains en 2005 à 90 milliards de dollars américains en 2017, et représentant actuellement 14 % du marché de la réassurance. Le capital traditionnel, qui a stagné au cours des dernières années, a augmenté d’un pour cent seulement depuis 2016.En fait, les ouragans en 2017 ont été le premier véritable test du secteur des autres sources de capital – un test qui a entraîné une forte réponse du marché et une promesse pour l’avenir du secteur.
 

Prochaines étapes – Un regard sur l’avenir

Bien que l’année 2017 a été la troisième plus importante en fait de catastrophes depuis 25 ans, l’incidence sur le secteur des assurances n’a pas été aussi importante que prévu. Malgré les sinistres assurés dévastateurs, le capital demeure élevé, essentiellement constant et stable. Toutefois, les conditions météorologiques continueront d’être un facteur, d’après Dom. Les régimes climatiques changent tout le temps, et les répercussions des événements météorologiques continueront de croitre. Il est essentiel que le secteur des assurances demeure bien informé, souple et créatif en ce qui concerne les solutions de gestion du risque en cas d’événements catastrophiques.

 

 

Veuillez remarquer : Les sources externes sont disponibles en anglais seulement.